Le village de Saint-Séverin

Vue vers le village de Saint-Séverin, en automne.

Trônant sur les hauts plateaux de la Beauce, à l’écart des grands axes routiers, le chemin pour s’y rendre est vallonné, donnant au décor un aspect bucolique. Puis voilà qu’apparaît l’église. Elle est l’œuvre de la collectivité, érigée avec les bras, le cœur… et les plus belles pierres qu’apportaient les habitants. Depuis son érection jusqu’en 1984, quinze curés se sont succédés.

Le dernier curé résident a été le curé Antonio Arsenault. Il s’est fait connaître par ses prises de position contestataires au moment du concile Vatican II. Traditionaliste, il critique violemment les changements apportés à la liturgie de l’Église. Par contre, il demeure toute sa vie un humaniste plein de compassion pour ses paroissiens. Il a laissé à Saint-Séverin l’image de l’authentique curé de campagne comme on le connaissait au 19e siècle.

Cimetière de Saint-Séverin

L’érection du cimetière (1878), à proximité de l’église, est aussi la norme de l’époque. Les anciens veulent ainsi se rapprocher de la maison de Dieu pour leur dernier séjour. Celui-ci conserve des croix en fer forgé, exceptionnelles par leur beauté et leur rareté, et des stèles de bois qui rappellent la simplicité des pionniers. La municipalité de Saint-Séverin a reconnu la valeur du cimetière pour la communauté en lui accordant une citation en vertu de la Loi sur les biens culturels, le 1er avril 2004.

On y retrouve les noms des principales familles d’ici : les Lessard, Grenier, Thivierge, Ferland, Nadeau, Labbé, Pomerleau. Ils côtoient ceux de pionniers irlandais, les Boyce, Gould, Connelly. Ils ont été défricheurs, cultivateurs, bûcherons, forgerons, charpentiers, scieurs de bois, commerçants, artisans, tous bâtisseurs de Saint-Séverin.

De cette lignée d’artisans, Roméo Vachon, 95 ans, illustre l’art populaire beauceron à son meilleur. En 1980, il construit un gigantesque cheval connu sous le nom de cheval à Méo, à partir de matériaux hétéroclites : lattes de bois, fibres de verre, polyuréthane. Lui et sa femme en conçoivent l’idée après avoir entendu parler du cheval de Troie lors d’un voyage en France.

En 1978, Benoît Lachance aménage un vaste jardin sur la terre héritée de son père. Le Domaine à l’Héritage est un parc agrémenté d’arbres et de fleurs, sis à flanc de rocher avec vue sur les sommets appalachiens. Le propriétaire partage la beauté des lieux avec les centaines de visiteurs qui y viennent chaque été.

En accord avec la nature, la ruralité reprend son rôle au rythme des saisons : temps des sucres, temps des foins, des petits fruits, de la chasse. Temps des joies et des deuils, des fêtes et des saisons. Ruralité et culture cohabitent, s’interpénètrent.

Saint-Séverin, l’art de cultiver la terre, l’âme et l’esprit!