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BeauceMedia, 13 octobre 2006
St-Séverin proposait le Québec, l'Afrique, la Papouasie...
Lynda Cloutier
Qu’est-ce que l’évangélisation peut apporter de bon à des tribus de la jungle? Peut-on croire que le fait de ne pas circoncire ses fils peut tuer les relations familiales? Jusqu’à quel point le général Roméo Dallaire s’est-il senti anéanti à la suite du génocide au Rwanda?
Que de questions, que de réflexions un festival comme celui de Saint-Séverin présenté en fin de semaine dernière peut-il soulever! Pendant quatre jours, quelque 630 personnes ont passé les portes de l’église du village pour assister à l’une ou l’autre des 14 documentaires ou films à l’affiche.
La programmation proposait des sujets diversifiés et l’une des plus belles surprises fut sans doute cette production française traitant de l’évangélisation en Nouvelle-Guinée. Quand un Papou se demande s’il vaudrait mieux choisir l’hôpital ou le baptême afin de guérir son asthme, on sourit. Mais le fonds demeure dramatique. « Les tentatives de conversion enlèvent toute identité à ces gens. Ils finissent par rejeter les histoires des Blancs et perdent même leurs propres croyances », explique l’anthropologue Pierre Maranda de l’Université Laval.
Rencontrer le général Dallaire : un privilège
Évidemment, le moment fort de la 2e édition du Festival du cinéma religieux et humaniste fut sans contredit la présentation du documentaire J’ai serré la main du diable et la venue du général Roméo Dallaire.
L’homme qui a été accablé par un sentiment de culpabilité pendant plusieurs années a même voulu mettre un terme à ses jours. Aujourd’hui, il avoue « prendre encore ses pilules » et continuer une thérapie.
Il n’en demeure pas moins fragile. Quand une personne présente, samedi, lui a lancé : « Votre courage et vos révélations font que dans mon esprit, vous êtes un grand humaniste, le plus grand du Canada », le général a baissé les yeux et a serré les lèvres pendant quelques secondes. Ses blessures intérieures, le général les a d’abord exprimées dans son livre, mais il lui a fallu sept ans pour se décider à écrire ce qu’il a vécu en Afrique en 1994.
« L’Amérique, dit-il, s’intéressait davantage à O.J. Simpson qu’au génocide du Rwanda qui a laissé 800,000 victimes. » Quant au pays souveraine de l’ONU, ils ont carrément laissé choir le général parmi ses morts. Même l’Église a encouragé la ségrégation raciale entre Hutus et Tutsis.
En route pour 2007
Malgré une petite baisse de l’assistance qu’on attribue probablement à tort à une trop belle température (quand il fait beau, les gens restent chez-eux, quand le temps est maussade, ils restent aussi à la maison), le maire Daniel affirme : « Je suis très content. D’abord, la programmation était supérieure à celle de l’a passé à cause entre autres, du contenu étranger. Les gens ont aimé leur festival et je suis plein d’espoir pour l’avenir. »
À cet égard, M. Perron mentionne qu’on tentera de trouver une formule pour enrichir l’événement au point de vue financier. Par le fait même, la qualité sera elle aussi rehaussée, dit-il.
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